Amateur de vins depuis de nombreuses années, j'ai découvert que j'éprouvais souvent plus de plaisir à consommer des vins issus de l'agriculture biologique que des vins de la viticulture classique. Une formation en viticulture-œnologie à Beaune, et quelques "stages" chez différents vignerons m'ont permis de mieux comprendre cet état de fait.

Sans vouloir entrer dans le détail de processus complexes, et à ce jour pas complètement théorisés, une explication s'impose.

Afin que l'originalité d'un terroir, c'est-à-dire un cépage sur un type de sol et dans certaines conditions climatiques, puisse s'épanouir pleinement, le vigneron doit faire en sorte que ses pratiques de culture ne contrarient pas la nature environnante. Adieu les désherbants et engrais chimiques qui perturbent la vie du sol et modifient la croissance de la vigne. Exit les traitements foliaires qui, parce qu'ils vont jusqu'à la sève, peuvent modifier la photosynthèse et altérer les sensations organoleptiques voire la robe. C'est à ce prix, souvent cher payé, quand la météo ne se montre pas clémente, que le vigneron rentrera une vendange plus "saine" permettant une vinification plus "naturelle".

La vinification, justement. Depuis le 1er août 2012, une charte de vinification (européenne) a été mise en place et votée par le parlement. Elle permet donc aujourd'hui d'utiliser le vocable « vin bio » alors que jusqu'alors on ne pouvait parler que de « vins issus de raisins cultivés en agriculture biologique ». Si cette nouvelle norme est sans conteste une avancée, dans le sens où les choses sont clairement définies et établies, il n'en reste pas moins vrai que cette charte de vinification est pour le moins assez « laxiste ». Les doses autorisées de SO² sont très élevées et nombres de produits de synthèses y sont permis (Tartrate neutre de potassium, Dichlorhydrate de thiamine, Acide métartratique, Alginate de potassium...). Sans parler de certaines techniques (traitement thermique, osmose inverse...) bien loin des pratiques simples et naturelles utilisées par les artisans vignerons.
Car ne nous le cachons pas, cette nouvelle législation est un appel du pied en direction des industriels du vin, afin qu'ils puissent facilement obtenir le logo « AB » et envahir les linéaires de la grande distribution avec des vins bios « au rabais », sans défaut... et sans âme.
Mais c'est aussi en exerçant cet art que le vigneron magnifiera sa récolte afin qu'elle soit le reflet de son terroir. Et c'est à partir d'un raisin sain que pourront se mettre en place une vinification et un élevage les plus naturels possibles. Sans interventions extérieures (levures exogènes) ou à minima (filtration, chaptalisation, SO2).
C'est donc bien sur ce point qu'une différence peut exister entre les vins. Et c'est la raison pour laquelle ce site effectue une sélection. La quasi totalité des domaines ou châteaux ont fait l'objet d'une visite (vignes, caves), et la totalité des vins proposés ont été dégustés. Et appréciés...

Enfin, je me garderai bien de tout manichéisme en la matière. Tous les vins bios ne sont pas bons, comme tous les vins non-bios ne sont pas mauvais. J'oserai simplement dire que souvent, les vins bios sont plus originaux et les vins traditionnels plus standardisés. Mais une fois encore ne généralisons pas. Le plaisir peut être présent dans les deux cas.

Si ce site ne présente que des vins bios, c’est un choix personnel. Un choix qui se veut citoyen, voire militant. Il se trouve simplement que je préfère le mieux au plus…Peut-être une utopie dans le monde qui nous entoure. Mais la vie d’un Don quichotte n’est-elle pas plus enivrante que celle d’un mouton ?..


"Le vin est le plus court chemin entre un homme et un autre homme."


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